L'Océanie dans tous ses Etats - hommage à Guy Agniel

disponible dans la section "Télécharment"

Éditorial n° 37

Voici la première publication de la Revue juridique, politique et économique de Nouvelle-Calédonie en version numérique. En effet, la version papier de notre Revue relève « du monde d’avant », celui où les institutions soutenaient par leurs généreuses subventions l’essor de ce semestriel. La récession économique, les incertitudes politiques et les hésitations d’une certaine classe politique à se positionner pour assumer des responsabilités de gestion, font qu’aujourd’hui seule une version numérique est dans nos perspectives. Encore faudra-t-il qu’une condition essentielle continue à être remplie : celle que les bénévoles qui s’impliquent sans compter dans cette Revue puissent être en mesure d’honorer les factures de publication !

Nos lecteurs y retrouveront leurs rubriques habituelles.

La Doctrine est illustrée par des articles très diversifiés, mais tous centrés sur la Nouvelle-Calédonie avec, en toile de fond :

  • des réflexions sur la trajectoire de l’Accord de Nouméa, qui, sur sa fin, est maintenant diversement critiqué. En effet, l’absence d’élection du président du gouvernement à majorité indépendantiste établi de manière intempestive, comme la demande précipitée d’une troisième consultation référendaire binaire apparaissent comme des palinodies nous invitant à une réflexion sur l’aboutissement de l’accord ;
  • la pandémie de la Covid-19 : elle a permis de préciser le rôle de l’État dans cet archipel, notamment dans le cadre de l’applicabilité du dispositif national d’état d’urgence sanitaire en Nouvelle-Calédonie ; elle a nécessité l’intervention du Conseil constitutionnel qui a reconnu le bien-fondé de l’intervention de l’État en vertu de sa compétence en matière de garantie des libertés publiques ;
  • une vision depuis l’Australie du second référendum sur l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie : un point de vue mettant en relief les implications stratégiques pour la France, l’Australie, mais aussi pour la région du Pacifique Sud ;
  • la position des femmes dans le domaine politique, sujet universel auquel nous devons ici réfléchir ;
  • la mise en place des pôles régionaux spécialisés en matière d’environnement,
  • la mise en place d’un référentiel dans la construction : une démarche pragmatique en cours de développement constituant un nouvel écosystème impliquant une approche collaborative et inclusive afin de poser des bases normatives ;
  • une analyse juridique de la politique de lutte contre la consommation excessive d’alcool qui sous-tend une difficile conciliation de la préservation de l’ordre public et des libertés fondamentales et,
  • question délicate pour une étude précise : le viol sur mineur, et l’invocation du consentement.

Le dossier sur les politiques de l’eau, homogène, présente la position des diverses autorités chargées de faire bénéficier les citoyens d’une bonne qualité de l’eau, sur le plan de la consommation. Sur le plan technique est expliquée l’intervention des professionnels pour la fourniture d’une eau en abondance, suffisante, et in fine correctement recyclée. Un deuxième volet s’attache à présenter des analyses plus scientifiques émanant de professionnels opérant dans des associations ou des organismes spécialisés dans la protection et la mise en valeur de l’eau.

À quelques semaines près, cette publication sur « l’eau dans tous ses états » dans la Revue juridique, politique et économique de Nouvelle-Calédonie, est proche de la journée mondiale de l’eau décrétée par l’Organisation mondiale des Nations Unies. Du représentant de l’État en passant par les responsables des institutions jusqu’à la collectivité de proximité qu’est la commune, tous détaillent leurs actions, leurs responsabilités, leurs difficultés, leur volonté d’agir au mieux pour le bien-être de leurs populations. Les articles scientifiques qui suivent sont de connotation plus universitaire. Ils éclairent une Nouvelle-Calédonie complexe par son pluralisme tant juridique que culturel, ce qui rend la gestion de l’eau problématique selon le domaine foncier sur lequel se trouve la ressource. Tout l’enjeu réside dans la construction d’une politique de l’eau partagée, dans une société où les représentations et les organisations sociales sont difficilement conciliables. Plusieurs organismes apportent aux responsables politiques des analyses pertinentes sur sa qualité tant en amont qu’en aval en assurant une surveillance des milieux naturels et de l’environnement, en s’attachant à intégrer la nécessaire prise de conscience du principe économique de l’eau, et en évaluant les menaces qui pèsent sur cette précieuse ressource.

La rubrique de droit coutumier kanak attire notre attention sur d’inquiétantes dérives. Quant à la rubrique Libres Opinions, celle-ci nous enrichit toujours des points de vue essentiels. Les chroniques tant jurisprudentielles qu’institutionnelles, comme la bibliographie nous permettent de compléter nos horizons juridiques, politiques et économiques consacrés à la Nouvelle-Calédonie, et enfin la partie documentaire fourmille de précieuses références.

Pour terminer, admirons un portrait à quatre mains de notre regretté ami et complice Patrice Jean pilier indispensable de notre Revue depuis sa création. Son enthousiasme communicatif et bienveillant lui permettait d’être en harmonie avec l’autre. Curieux de tout, attentif aux réalités qui l’entouraient, Patrice était un esprit indépendant à l’égard de toutes rigidités dogmatiques. À sa famille, à son épouse, s’adressent toutes les condoléances émues de la Revue.

Toute l’équipe de la Revue vous remercie de votre fidélité et vous souhaite une excellente lecture..

Robert Bertram,
Directeur de la RJPENC