La revue RJPENC n° 31…

…est disponible en téléchargement !

Articles également disponibles en téléchargement.

Connexion

Accueil

Éditorial n° 31

Pour le premier numéro de l’année 2018, la Revue juridique, politique et économique de Nouvelle-Calédonie n’avait qu’un seul choix de dossier à traiter, celui de l’autodétermination. Cette consultation finale est l’application stricte de l’Accord de Nouméa qui prévoit qu’« Au cours du quatrième mandat (de cinq ans) du Congrès, une consultation électorale sera organisée. La date de cette consultation sera déterminée par le Congrès, au cours de ce mandat, à la majorité qualifiée des trois cinquièmes ».


Sur un plan global et général, expliquer ce qu’est l’autodétermination est extrêmement simple. Il s’agit, pour un peuple, de prendre son destin en main, c’est-à-dire de choisir son statut au sein de l’ordre international. Par rapport aux textes de l’Organisation des Nations Unies, c’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cependant, les complications s’amoncellent lorsqu’il s’agit de passer de la théorie à la pratique, car l’ONU est plus animée, compte tenu de sa composition, par des jeux de pouvoirs. Cette autodétermination bien que centrée sur la Nouvelle-Calédonie permet une ouverture et des développements sur d’autres autodéterminations dans le monde.


Ce dossier sur l’autodétermination se décline schématiquement d’abord par une approche politique et, ensuite, par une approche scientifique. Pour un dossier aussi sensible pour la Nouvelle-Calédonie, qui mieux que le Premier ministre Édouard Philippe en charge de suivre l’évolution de cet archipel pouvait présenter cette consultation pour souligner que celle-ci « doit s’organiser avec le souci constant du consensus et s’accompagner d’une réaffirmation des principes et des valeurs qui rassemblent ». Un ancien Premier ministre, Manuel Valls, ayant une excellente maîtrise du dossier calédonien et actuellement président de la mission parlementaire d’information sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie considère pour sa part que la jeunesse calédonienne peut « aider à bâtir le destin commun que je souhaite dans la France ». Les articles suivants sont dispatchés suivant les deux grandes tendances politiques calédoniennes, les non-indépendantistes et les indépendantistes.


Après cette approche politique, un développement scientifique est abordé sous deux angles, celui de l’international et ensuite sur le plan national. Un tour d’horizon est effectué par plusieurs auteurs sur le positionnement de l’Organisation des Nations Unies avec des variantes sur l’autodétermination à venir pour certains pays. La dernière partie de ce dossier est exclusivement consacrée à la Nouvelle-Calédonie. Ce tour d’horizon sur un sujet aussi crucial pour l’avenir du « Caillou » devrait permettre d’affiner l’analyse des personnes soucieuses de s’informer.


La rubrique Doctrine est très éclectique. Plusieurs articles viennent clore le cycle de l’Accord de Nouméa en abordant différents développements sur le préambule, sur les ombres et lumières de la colonisation, sur le changement de nom de la Nouvelle-Calédonie. Un développement sur l’influence chinoise qui ne se dément plus dans le Pacifique océanien laisse entrevoir une légère utopie de voir réellement une Nouvelle-Calédonie indépendante très longtemps. Un volet sur les finances publiques pour souligner qu’une indépendance politique n’existe pas sans une indépendance économique. Un article mettant en relief l’importance pour la Nouvelle-Calédonie de sa zone économique exclusive, des précisions sémantiques sur l’emploi inapproprié de certains termes comme la souveraineté, l’indépendance ou le nationalisme, et une ouverture à des écrits d’universitaires américains.


Une place particulière est réservée au séminaire sur la « Sécurité et la prévention de la délinquance » que la Revue juridique, politique et économique de Nouvelle-Calédonie a organisé en collaboration avec la commune de Païta en décembre ainsi que l’aide financière du Ministère des Outre-mer. Cette question d’actualité s’est concrétisée localement par l’adoption d’un plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance 2018-2022 qui vient d’être adopté par le congrès en mars 2018 à la suite d’un travail collectif conduit par le gouvernement. Outre l’ouverture par les responsables respectifs, trois professeurs d’université ont enrichi les débats sur les notions de sûreté, de sécurité et de libertés publiques. Cette rencontre s’est terminée par une table ronde rassemblant l’essentiel des participants spécialisés sur ce thème.

Les chroniques traditionnelles que sont la jurisprudence, l’institutionnelle et de droit coutumier kanak sont riches de réflexions.

La bibliographie est diversifiée et pour les documents, une attention particulière du consulat australien qui nous fait part d’une traduction de l’introduction du Livre Blanc sur la Politique Étrangère de l’Australie.

Toute l’équipe bénévole de la Revue juridique, politique et économique de Nouvelle-Calédonie espère que le dossier de ce numéro sur l’autodétermination soit profitable aux Calédoniens pour qu’ils puissent appréhender en toute sérénité, en novembre, la consultation référendaire. À titre exceptionnel, une légère augmentation du prix est appliquée uniquement à ce numéro relativement volumineux, pour compenser, en partie, les surcoûts générés par les frais postaux. Bien entendu, les abonnés n’auront aucun supplément à régler.

Robert Bertram,
Directeur de la RJPENC