L'Océanie dans tous ses Etats - hommage à Guy Agniel

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Éditorial n° 38

Notre Revue s’inscrit, depuis tant d’années, dans le paysage juridique, politique et économique par son point de vue scientifique, sa recherche doctrinale et documentaire objective reconnue, son pluralisme qui lui attirent le respect de tous : c’est notre plus belle satisfaction.

Pourtant force est de constater qu’aujourd’hui pour la première fois depuis la création de la Revue juridique, politique économique de Nouvelle-Calédonie en 2003, la subvention du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie nous a fait défaut. Pas le moindre conflit de fond dans cette situation, mais un état des finances catastrophique de notre collectivité. Dans ces conditions, il faut mobiliser le maximum de ressources pour assurer la continuité de notre publication, pour l’intérêt qu’en retirent tous nos lecteurs dans la connaissance du devenir de la Nouvelle-Calédonie et la compréhension des enjeux qu’elle affronte.

La pandémie de Covid-19 qui a réussi à s’implanter violemment sur le territoire y a particulièrement bousculé les rapports humains. Néanmoins, l’ère des échanges numériques permet de défier ces circonstances. Sur le plan du contenu, ce numéro développe donc ses rubriques traditionnelles.

Ainsi, la doctrine concerne des articles relatifs à la Nouvelle-Calédonie avec des analyses politiques et économiques, avec un questionnement sur le volet de la sécurité intérieure, sur la répartition fiscale et enfin sur la justice environnementale.

Quant à l’élément central et particulièrement approfondi par différents éclairages, notre « dossier » concerne l’axe indopacifique qui apparaît sur la scène politique calédonienne lorsqu’il est évoqué par le Président de la République Emmanuel Macron, lors de sa venue dans le Pacifique Sud en 2018. Il s’y exprime alors face à l’inquiétude soulevée par la politique hégémonique de la Chine, apparaissant comme un prédateur impitoyable de petits États qui tombent dans ses filets. Le Pacifique Sud lui offre un champ d’action redoutable et l’on ne peut que soulever ce problème dans la Nouvelle-Calédonie du temps des référendums d’autodétermination. Nous sommes apostrophés par une déclaration du président indépendantiste du congrès de la Nouvelle-Calédonie, Roch Wamytan : « Nous n’avons pas peur de la Chine. C’est la France, pas elle, qui nous a colonisés. Elle ne nous gêne pas outre-mesure. Jean-Marie Tjibaou disait il y a trente ans que l’indépendance, c’est gérer les interdépendances. Nous ne nous tournons pas que vers l’Europe, elle est loin d’ici, on ne va pas faire aujourd’hui comme si la Chine n’existait pas ». (Le Monde du 2 octobre 2020).

Ce dossier constitue bien l’actualité urgente de la Nouvelle-Calédonie de la fin de l’Accord de Nouméa avec la troisième consultation d’autodétermination le 12 décembre 2021 au moment où en métropole, ce débat s’enracine dans le début de la campagne présidentielle avec ce thème « l’axe indopacifique » pour ce qui concerne les relations internationales. Au demeurant depuis la décision de la RJPENC, dès le début de l’année, de s’intéresser à cette thématique, les événements et les rebondissements politiques se sont récemment intéressés à l’Indo-Pacifique, d’une façon aussi topique qu’impromptue…

Notons que ce nouvel objet d’analyse a commencé à nous poser un problème d’identification orthographique… car le mot « indopacifique » est écrit de différentes façons, même dans les discours officiels. Aucune obligation officielle n’étant formulée quant à l’écriture de ce terme, il a été conseillé aux différents auteurs d’utiliser dans toute la mesure du possible l’adjectif « indopacifique » et le concept « Indo-Pacifique ».

Notons aussi que nous avons dû innover, devant la nécessité de remettre à jour certains articles en raison de l’actualité politique qui les rattrapait.

Il ressort des différentes approches que nous avons rassemblées une finesse dans les analyses qui se différentie selon la formation diplomatique, universitaire, politique, économique ou sociétale des auteurs.

Quant aux autres rubriques, que ce soit le droit coutumier kanak avec un développement sur les dons et les échanges dans le milieu tribal, l’ouverture sur le monde avec la cohabitation des codes civils de l’occident et du Moyen-Orient, de libres opinions ou les chroniques de jurisprudence ou de chronologie, elles apportent toutes aux lecteurs de multiples renseignements et informations. En ce qui concerne la rubrique bibliographie, elle informe les lecteurs sur des ouvrages et documents qui permettent de découvrir ou de conserver par-devers soi des écrits forts intéressants.

La présente livraison de notre Revue consacre comme depuis toujours son pluralisme, ce qui nous conduit à rappeler que chaque auteur n’engage par ses écrits que lui-même et non la Revue juridique, politique et économique de Nouvelle-Calédonie.

J’invite tous les lecteurs à s’immerger dans les eaux diverses de ce numéro pour l’intérêt de notre singulier archipel et son avenir, non seulement intrinsèquement mais aussi en raison de l’image qu’il reflète dans le Pacifique Sud et son poids dans le monde.

Robert Bertram,
Directeur de la RJPENC

   

 

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