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Éditorial n° 47
Calédoniens, est maintenant très sérieusement malmené par une partie des députés qui refusent chacun pour des raisons diamétralement opposées que cet accord soit applicable. Il est désolant de constater que ces députés de partis farouchement opposés se rejoignent pour nuire à la recherche d’accords en Nouvelle-Calédonie pour des raisons de politique politicienne qui n’ont rien à voir avec la Nouvelle-Calédonie. Leurs motivations ne tiennent qu’à leur positionnement sur l’échiquier politique national dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. Pourtant, la situation politique, économique et sociale de cet archipel ne demande qu’à « sortir » du marasme dans lequel elle est plongée depuis les émeutes du 13 mai 2024. Cette réalité globale n’est pourtant pas prise en compte par certains élus qui ne connaissent pas ou qui n’arrivent pas à réaliser l’étendue catastrophique de cette situation. L’avenir de la Nouvelle-Calédonie devait se décider au Parlement. C’est dès le 24 février que la réforme constitutionnelle du statut de la Nouvelle-Calédonie est adoptée par le Sénat pour être ensuite étudiée par l’Assemblée nationale fin mars, début avril. En fin de compte, en commission des lois, ce texte est rejeté par les députés, ce qui dénote dès le début des discussions un climat très délétère. Et effectivement, le texte du Gouvernement programmé pour le 2 avril a été d’emblée rejeté par les députés. Un compromis est-il envisageable ? Peut-être une consultation directe auprès des Calédoniens ? Peut-être une modification à la marge du corps électoral gelé ? À ce sujet, le Premier ministre, Sébastien Lecornu réunira très prochainement les responsables calédoniens pour trouver une solution la plus consensuelle possible. En attendant que les élus nationaux aient fini leurs querelles partisanes, bien loin des préoccupations des responsables économiques de l’archipel, un collectif de chefs d’entreprises calédoniennes cherche par tous les moyens à responsabiliser les députés de la rupture économique. Nos contributeurs à cette revue qui se sont attelés à rédiger un article sur l’évolution institutionnelle et économique de la Nouvelle-Calédonie ont parfaitement analysé la situation malgré la motion de rejet des députés du 2 avril. Il est vrai que la situation est mal engagée sur le terrain institutionnel national alors même que sur le terrain, les trois quarts des forces politiques sont favorables à l’accord et aux efforts réciproques de bonne volonté. Il est vrai aussi que la Nouvelle-Calédonie a connu par le passé des périodes encore plus épineuses… Donc ne perdons pas espoir dans les capacités calédoniennes de négociation toujours fécondes. On trouvera par ailleurs dans ce numéro de notre Revue diverses études de doctrine : des analyses sur les élections municipales qui entérinent bien des changements, un développement sur la séparation des Églises et de l’État, suivi de réflexions générales sur des concepts diversement appréciés selon l’ethnie à laquelle ont appartient. Les chapitres suivants, « Libres opinions », « Documents Généraux », « Jurisprudence administrative », « Chronologie » et « Bibliographie » complètent ce semestriel. Pour ce numéro, la réflexion politique et la réflexion économique sont largement imbriquées. Qu’elles permettent aux lecteurs un enrichissement de leur réflexion.
Robert Bertram, |