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Éditorial n° 48

 

Les lecteurs de la RJPENC ont pu admirer aujourd’hui notre couverture bleue résolument optimiste et fière de la Nouvelle-Calédonie en évoquant le savoir-faire français en lien avec les enjeux de l’Océan, notamment au nom de la Mission French Tech, dont fait partie la French Tech de Nouvelle-Calédonie (FTNC). C’est aussi le thème de l’article de Lionel Loubersac qui nous explique tout cela. Cette illustration de couverture est spécifiquement présentée dans la note qui suit immédiatement cet éditorial.

Après avoir ainsi pris le large, nous revenons sur la terre ferme où la Nouvelle-Calédonie a enfin organisé ses élections provinciales, reculées depuis deux ans. Elles se sont enfin tenues le 28 juin 2026 ce qui devrait en principe tendre à stabiliser la politique locale calédonienne. Effectivement, la démocratie s’est exprimée. L’union des non-indépendantistes a permis à cette famille politique d’obtenir un succès incontestable en lui permettant en province Sud d’obtenir 28 sièges sur 40, soit la majorité absolue. Sonia Backès a donc été réélue tout naturellement présidente de la province Sud. Pour les deux autres provinces de tendance fortement indépendantiste, même si l’union n’a pourtant pas été au rendez-vous, elles restent malgré des divisions, contrôlées par des indépendantistes. Paul Néaoutyine est réélu président de la province Nord et Mickaël Forrest président de la province des Îles Loyauté.

Les listes dites centristes ou du « bloc central » ont été éliminées, sauf la liste de l’Éveil océanien qui confirme sa présence sur l’échiquier politique. Au congrès cependant aucune famille politique ne dispose à elle seule d’une majorité. Cette situation permet à l’Éveil Océanien de conclure un accord de gouvernance avec les non-indépendantistes afin de renforcer son positionnement politique dans les diverses assemblées. C’est ainsi que le leader de ce mouvement communautaire wallisien et futunien accède à la direction du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Maintenant, la Nouvelle-Calédonie enfin ressourcée par la nouvelle élection de ses représentants doit exercer sa gestion du territoire éprouvé par les émeutes destructrices de 2024. Pour ce, une « mission transpartisane » a été constituée pour permettre d’obtenir, des plus hauts responsables politiques de l’État, les fonds nécessaires à la remise à niveau des finances de la Nouvelle-Calédonie.

Notre Revue a obtenu une contribution du nouveau président de la province des Îles Loyauté, Mickaël Forrest, au seuil de son mandat. Ce texte éclaire ses projets. Nous y remarquons notamment ses réflexions sur le fédéralisme. Une autre intervention attire notre attention, celle de Louis Mapou, du Palika, ancien chef du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui, dans un communiqué, présente son analyse de la situation institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie. En effet, une sorte de non-dit, ou plutôt de non-écrit, veut que le débat statutaire dans une Nouvelle-Calédonie qui a tant besoin d’un régime pérenne, soit mis entre parenthèse le temps de la campagne présidentielle nationale, à charge pour la future présidence de régler cette question lancinante. En réalité, tout le monde y pense. Et il est clair que le projet élaboré ensemble à Bougival ne saurait quitter les esprits ; il ne peut être balayé et poussé sous le tapis. Il est, qu’on le veuille    ou non la preuve de la bonne volonté des non-indépendantistes et d’indépendantistes prêts à consentir réciproquement à des compromis. Ce texte est, à tout le moins, une base pour les discussions qui viendront. À cet égard, le message de Louis Mapou pour l’avenir nous semble devoir être lu en ayant à l’esprit les différentes avancées qui avaient été affirmées à Bougival. Bien sûr, tout accord a pour prix pour chacun, les concessions faites aux autres ; mais c’est dans leur totalité que peut émerger un consensus global. Le texte de Bougival peut autant être lu comme projetant une collectivité autonome dans le cadre français que comme un État interdépendant en partenariat avec la France.

Ces questions sont approfondies dans plusieurs analyses du présent numéro, tant dans notre Dossier que dans la partie Doctrine. Et le lecteur retrouvera évidemment nos autres chroniques habituelles, notamment notre chronique documentaire à commencer par l’important protocole d’accord entre la Nouvelle-Calédonie et l’Union Européenne du 20 octobre 2026.

Nous vous indiquons dès maintenant que pour suivre au plus près l’actualité, en raison de l’échéance électorale fondamentale du renouvellement de la présidence de la République les 18 avril et 2 mai 2027, notre prochain numéro paraîtra à la mi-mars ; il tâchera de vous éclairer en vous présentant le projet pour la Nouvelle-Calédonie des candidats, que nous interrogeons.

Nous comptons donc sur votre fidélité à notre revue qui éclaire toujours l’évolution juridique, politique et économique de la Nouvelle-Calédonie.

D’autres sujets, éclectiques, sont développés en « doctrine » permettant aux divers auteurs d’exprimer leurs opinions sur différents domaines de l’actualité calédonienne. Notre intérêt pour les sources authentiques et brutes se traduit quant à lui par la densité de nos rubriques « documents et « documents généraux ».

La direction de la Revue juridique, politique et économique de Nouvelle-Calédonie remercie nos fidèles lecteurs qu’elle invite cordialement à participer aux futurs numéros.

 

 

Robert Bertram,
Directeur de la RJPENC