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Éditorial n° 29

Faisons de notre mauvaise fortune économique bon cœur. En effet, « grâce » à la fâcheuse conjoncture financière affectant le nickel, la Nouvelle-Calédonie se trouve dans une phase récessive importante l’obligeant à repenser, plus tôt que prévu, au redéploiement de son économie. À cet égard, les premiers États généraux de la mer qui se déroulent à Nouméa en juillet 2016 sous la responsabilité du Cluster Maritime de Nouvelle-Calédonie mettent en lumière les grandes potentialités concernant les enjeux maritimes et une ouverture pour une nouvelle stratégie de développement.


Parmi les dossiers que la Revue Juridique, Politique et Économique de Nouvelle-Calédonie traite dans ce numéro, l’or bleu y tient une place particulière. Cette revue purement calédonienne s’attache à toujours mettre en valeur les hommes et les femmes qui participent à la valorisation de la Nouvelle-Calédonie. Développer une économie locale dans ce domaine est déjà un pari audacieux, mais le fait d’être confortée par le Gouvernement de la République lui procure une meilleure perception.


La vision du Gouvernement exposée tant par ses représentants à Paris que localement dénote une ambition maritime affirmée. L’ère de la « maritimisation » met en lumière les formidables atouts et responsabilités que la France, avec sa deuxième zone économique exclusive située presque exclusivement en outre-mer et dont les 2/3 se trouvent dans le Pacifique, doit développer et assumer. La « maritimité » française est reconnue puisqu’elle est présente sur les quatre océans et, au cœur de l’Océanie, sa « Pacificité » est exceptionnelle. En tant que puissance maritime la France, avec l’aide de ses outre-mer dont la Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique Sud, est en effet confrontée aux enjeux étatiques tels que géopolitiques, sécuritaire, économique, environnemental et une nouvelle planification de l’espace maritime.


Les responsables calédoniens à tous les niveaux sont particulièrement conscients qu’a côté de notre « or vert », notre « or bleu » est un capital naturel exceptionnel. Il nous ouvre d’immenses perspectives de développement dans le domaine économique, ne serait-ce que dans le tourisme de croisière, dans le domaine de la recherche et par l’approche entrepreneuriale mise en valeur par le Cluster maritime calédonien. Que l’on s’attache aux enjeux des récifs coralliens ; à la coordination, pour une meilleure gouvernance, de l’action publique dans le domaine maritime ; à la protection du lagon pour un développement durable au service du développement de la population, la Nouvelle-Calédonie par la présence du siège de la Communauté du Pacifique se trouve au centre d’une coopération régionale et est considérée comme un partenaire de développement dans la région.


En partenariat avec la Maison de la Mélanésie, la Revue Juridique, Politique et Économique de Nouvelle-Calédonie a suivi le séminaire sur le thème « Quelle répartition des compétences de droit pénal en Nouvelle-Calédonie ». Elle publie le résultat de toutes les interventions émanant de praticiens, politiques ou universitaires. Les lecteurs pourront affiner leurs réflexions et leurs connaissances sur cette problématique d’une éventuelle coexistence du droit pénal républicain et d’un « droit pénal coutumier ».


La Revue Juridique, Politique et Économique de Nouvelle-Calédonie s’enorgueillit d’être au service des Calédoniens en publiant un séminaire, lui aussi organisé par la Maison de la Mélanésie, sur « Droit à la santé et prison en Nouvelle-Calédonie » qui s’est déroulé en avril 2016 à Koné avec le soutien de la province Nord. Cette thématique, dans le cadre d’une prison délocalisée en province Nord, aborde une réalité problématique sur les conditions du droit à la santé des détenus.


Concernant la doctrine, trois articles sont développés, le premier sur la deuxième partie de la gouvernance pro-concurrentielle avec la création progressive d’un droit de la concurrence en Nouvelle-Calédonie, le second sur un enjeu économique récurrent : « est-ce que la France en a pour son argent en Nouvelle-Calédonie ? », et enfin le troisième sur le destin commun en relations avec les signes identitaires calédoniens.


Les chroniques de jurisprudence et de droit coutumier kanak révèlent des analyses pertinentes, la bibliographie est toujours aussi riche en publications et les documents très instructifs pour nos lecteurs.


L’équipe bénévole de la Revue Juridique, Politique et Économique de Nouvelle-Calédonie souhaite plus que jamais, à l’approche de la grande consultation de 2018, une diversification des points de vue des différents acteurs politiques qui veulent bien s’y exprimer.



Robert Bertram,
Directeur de la RJPENC